==> Mercredi 6 Septembre 2007 <==

Je me lève, toujours seule dans la maison, mon père n'étant pas rentré. Je décide de ne pas aller au bahut. J'ai d'autres choses plus importantes à faire. J'appelle Chloé.

Chloé (à moitié endormie) : Allo...
Alysson : Chloé c'est Aly...
Chloé : tiens ma puce, tu vas bien ?
Alysson : oui. Ecoute je ne viendrais pas au bahut aujourd'hui j'ai pas mal de choses à faire.
Chloé : Aly on avait notre exposé aujourd'hui.
Alysson : oui je sais ma belle mais ma famille en premier. Je te laisse, il faut que je me dépêche.
Chloé : ok bonne journée ma puce et reviens moi en forme.

Bien, il faut que je me dépêche, j'ai une douche à prendre, des fringues à repasser, et passer à la mairie demander mon émancipation. Je sens que je vais passer une journée mouvementée. Avec des hauts et des bas, enfin je pense que j'aurais plus de bas que de haut. Bref. Arrivée devant la porte de la mairie, je vois que c'est inscrit « Fermé aujourd'hui, exceptionnellement ». Mais ils se fichent de moi ou quoi !!! Je zappe des cours exprès pour eux et ces fonctionnaires ne trouve rien de plus intelligent que de fermer un mercredi. Non mais je rêve debout c'est pas possible. Sur la route du retour, je vois un tas de gens rassemblé autour de je ne sais quoi. Il ne manquerai plus qu'il y ai un meurtre dans notre charmante ville de Californie et ma vie sera définitivement un enfer. Je décide ensuite de passer au commissariat.

Alysson : Bonjour.
L'agent de police : Bonjour mademoiselle. En quoi puis-je vous être utile ?
Alysson : Voilà alors par quoi vas-je commencer. Bah tout simplement par le plus simple. Mon père a disparu.
L'agent : très bien ne bougez pas je vais chercher un formulaire et déclarer sa disparition.

Ne bougez pas, non mais il me prend pour une gourde celui-la. Comme-ci j'allais me barrer.

L'agent : Voilà, alors vous allez me décliner votre identité s'il vous plait.
Alysson : Horfait Alysson, j'habite au 1661 avenue Newton, 9334 Californie.
L'agent : votre âge s'il vous plait.
Alysson : 18 ans .
L'agent : 18 ans ?
Alysson : euh oui, ça pose un soucis ?
L'agent : oui effectivement, c'est un adulte qui doit déposer une plainte d'enlèvement.
Alysson : mais enfin, je suis majeure et je vis seule avec mon père, comment voulez vous qu'un adulte déclare sa disparition ? C'est quoi adulte pour vous ?
L'agent : je suis désolé, c'est la loi.
Alysson : et bien écoutez ça monsieur l'agent, je hais vos lois, pour le décès de ma mère je n'ai rien su, pour la disparition de mon père VOUS ne voulez rien savoir. Ai-je le droit de porter plainte contre les lois ?
L'agent : je suis désolé mademoiselle.
Alysson : je serais désolé aussi pour vous le jour où je découvrirai ce qui se passe dans cette ville maudite.

# Posté le samedi 26 mai 2007 12:28

15 ans de mensonges, 15 de silence, 15 ans de solitude. Après on s'étonne que des jeunes se suicident mais quand on voit ça, on a tout compris. Moi j'ai pas envie de me jeter du haut d'un pont sous prétexte que ma vie est nulle. Si je suis ici, c'est qu'il y a une raison, je ne suis pas arrivée sur cette Terre, juste pour habiller le paysage. Enfin j'espère. Je me vois mal finir seule dans une maison de retraite en train de me demander ce que j'ai fais de bien dans ma vie. Et puis même, ma mère ne serait pas fière de moi. Je veux lui montrer que je sais me débrouiller et que même si elle n'est plus la, je la porte dans mon c½ur.
Je suis en train de rentrer à la maison et, j'ai soudainement une angoisse qui me monte, j'ouvre les fenêtres de la voiture en espérant que ça me calme, mais rien. J'ai chaud, les yeux me piquent. Je ne me sens pas bien, il est temps que je rentre.
A peine arrivée à la maison, le téléphone qui sonne. J'ai pas envie de décrocher mais si c'était lui ? Si c'était mon père ? Je décroche.


Alysson : allo ?!
... : hey coucou miss c'est Adrien.

Adrien, celui qui, secrètement, fait battre mon coeur. Avec lui je me sens protégée, quand je ne vais pas bien il prend soin de moi. Il nous est arrivé de nous retrouver seul, sans personne, mais jamais je n'ai eu le courage de lui dire que je tenais beaucoup à lui. Je ne peux pas parler d'amour. Je tiens à lui, je me sens bien quand il me prend dans ses bras. On m'a dit plusieurs fois qu'il parlait souvent de moi. Mais les on dit sont parfois menteurs. Je ne crois que ce que je vois, telle est ma devise.
Alysson (un peu déçue) : ah c'est toi !
Adrien : et oui désolé de te décevoir.
Alysson : non, non t'inquiète pas c'est juste que je pensais que c'était mon père.
Adrien : toujours pas rentré ?
Alysson : et non !
Adrien : je voulais savoir si on pouvais se voir se soir mais avec ce que tu vis, je suppose que non.
Alysson : effectivement en ce moment c'est pas la joie mais je pense qu'un peu d'air frais me ferais du bien.
Adrien : un bowling avec les potes ça te dit ?
Alysson : oui, oui pas de soucis.
Adrien : ok, alors rejoins vers 21h ça va aller ?
Alysson : oui pas de problème je serais la.
Adrien : à tout à l'heure ma belle.
Alysson : à tout à l'heure.

Un bowling avec les potes. Oui, mais bon, je sais pas si j'aurais le c½ur à m'amuser. Mon père me manque.
19h56, j'allume la télé. Ça va être les infos. J'adore regarder les informations. J'aimerais beaucoup devenir journaliste. C'est un métier passionnant, on navigue dans le monde entier, parfois à nos risques et périls. Mais j'admire ces gens.

# Posté le samedi 26 mai 2007 12:30

La présentatrice : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir. Dans l'actualité de ce Mercredi 6 Septembre, un pétrolier échoué sur nos côtes Californiennes, nos envoyés spéciaux se sont rendu sur place, nous aurons les images dans quelques instants. Mais en attendant, un fait divers a particulièrement retenu notre attention. Un père de famille de 39ans a été sauvagement assassiné hier. Il se dirigeait vers le centre commercial, lorsque 3 agresseurs, des hommes âgés de 40 à 45 ans, se sont jetés sur lui...

Alysson : Oh mon dieu les pauvres enfants, et sa femme. Je n'ose même pas imaginer si ça m'arrivait.

Si ça m'arrivait. J'aurais bien fait de me taire. Je dois porter une malédiction sur moi je pense.

DDDRRRIIINNNGGG (téléphone)

Aly : allo !
... : mademoiselle Horfait Alysson ?
Aly : oui c'est moi.
... : Bonjour inspecteur Hydel de la police criminelle, serait-il possible de passer vous voir s'il vous plait ?

Inspecteur de la crime ? Venir me voir ? Un père sauvagement assassiné ! En 3 secondes j'avais réalisée ce qu'il s'était passé. Mon père a été assassiné. Mais pour quelles raisons ? Toujours la même question qui se répète. Qu'avait-il bien pu faire. Je suis en pleure. Je n'arrive pas à imaginer ce qu'il vient de m'arriver. Je suis orpheline. Non ! C'est impossible. Il doit y avoir une erreur. Quand c'est comme ça on imagine toujours le pire. Mais je pense qu'il ne faut pas que je pense négatif. Mon père est quelqu'un de bien. Et il n'a je ne sais combien de chance sur 35,4 millions d'habitants, de tomber sur un fou évadé d'un asile.

15 minutes plus tard, on sonne à la porte.

Alysson : bonjour monsieur l'inspecteur.

Je fais mine d'être calme mais son visage, si fermé, me fait prendre conscience que ce qu'il va me dire n'est pas des choses les plus gaies à entendre.

L'inspecteur : Bonjour mademoiselle.
Alysson : Allez- y asseyez vous je vous en pris.
L'inspecteur : merci mademoiselle. Bien je ne vais pas y aller par 4 chemins. Pouvez-vous me donner le nom, le prénom de votre père et son âge s'il vous plait ?
Alysson : oui bien sûr. Horfait Alain, 39 ans.
L'inspecteur (lui montrant une photo) : Est-ce que c'est lui ?

A cet instant, je fonds en larme. Je viens de reconnaître ce visage ensanglanté. C'est bien mon père. On avait tué mon père.

Alysson (pleurant) : oh mon dieu, non... non... non, je veux pas.... pourquoi ???

L'inspecteur ne sait pas quoi faire. Il reste la, figé à attendre que je me rétablisse. Mais me rétablir d'un assassinat. Impossible. On venait de tuer le dernier être de ma famille. Comment oublier ? J'ai 18 ans et je suis orpheline. Je relève la tête et vois alors un nombre incalculable d'image me représentant dans les mois, les années à venir. Je ne vois que moi, moi et personne autour. Même pas Chloé. Même pas Adrien. Même pas Gaétan. Je suis condamnée.

# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:16

Modifié le samedi 01 décembre 2007 07:26

L'inspecteur : je suis désolé mademoiselle. Avez-vous quelqu'un à appeler ? Évitez des rester seule. Allez dormir chez des gens de votre fam...
Alysson : je n'ai plus de famille.
L'inspecteur : appelez des amis. Mais ne restez pas seule. Fermez bien les portes et fenêtres. Je vous laisse. Au revoir.

Fermez les portes et fenêtres ? Mais pourquoi ?se pourrait-il que les assassins de mon père s'en prennent à moi ? Je ne perds pas une minute et cours téléphoner à Chloé.

Alysson : réponds, réponds...
Chloé : allo ?
Alysson (éclate en sanglots) : oh mon dieu Chloé.
Chloé : Alysson mais puce, mais (affolée) qu'est-ce qui se passe ? Ça ne va pas ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je ne peux pas parler, j'ai l'impression d'être espionnée. Je retiens mon souffle.

Alysson : viens vite s'il te plait.
Chloé : j'arrive tout de suite.

Je ne prends pas le temps de lui dire à tout de suite. Je raccroche pour qu'elle aille plus vite à venir. Ne pas rester seule. Fermer portes et fenêtres. Assassinat. Orpheline. Autant de phrases et de mots qui résonnent dans ma tête. Je cours dans ma chambre et ferme la porte à clef ne redoutant de voir débouler chez moi des hommes armés. La porte sonne. Je sors discrètement de ma chambre, passe par la cuisine, prends une poêle et atteint la porte d'entrée. Ouf c'est Chloé. J'ouvre la porte. La sert dans mes bras et fond en larme. Elle ne prend pas le temps de me poser de questions. Elle veut que je me calme. Mais c'est compliqué. On s'asseoit dans le canapé. Je me mets en condition et commence à lui raconter. Je vois ses yeux se remplir de larme. Comment résister ? Je pleure, encore et encore.
Chloé : je dors ici se soir. On en parlera demain ma puce.

Chloé est une fille formidable. Je remercie le ciel de me la laisser. Mais elle ne remplacera pas ma famille.

# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:19

Modifié le dimanche 27 mai 2007 13:18

Elle dormait à la maison, et malgré que ça n'aille pas je lui ai installé le lit pliant. Je ne peux m'empêcher de voir des images qui me sont pourtant étrangères. Mon père allongé par terre, ensanglanté. Un visage apeuré.

Je me mets au lit, bien au chaud sous la couette. L'odeur du linge fraîchement lavé a envahi toute la chambre. Ça me repose, ça m'apaise. Je m'endors sans même m'en apercevoir.

Pendant la nuit, je rêve d'un endroit paradisiaque où tout ne serait que plaisir, amour, partage, paix. La violence serait notre ennemie première et personne ne parlerait de flingues, de sang ou de je ne sais quoi encore. On vit dans un monde peuplé d'innocents en taule, et de coupables dehors. Je veux pouvoir changer le monde, faire de mes mains une richesse pour les gens en déroute.

Avoir perdu mon père n'est pas la meilleure chose qui me soit arrivée, loin de la. J'aime mon père. Depuis toujours. Il est ma vie, il est ma force. C'est grâce à lui que je suis ce que je suis. Une jeune fille franche, qui sait ce qu'elle veut. Et qui, généralement, a ce qu'elle veut.

# Posté le mercredi 30 mai 2007 07:34